 Qui se cache derrière ARTSONOR ?Interprète et songwriter, Stéphane Grangier mène de front sa carrière et le management du studio qu'il a créé au fil des années, tout à son image .... rock & roll mais professionnel, accueillant et arrangeant avec les autres artistes comme quelqu'un qui est déjà passé « par là », toujours prêt à faire partager son expérience de production à ceux qui franchissent la porte...et qui reviennent souvent pour un café. A bon entendeur !
Qu'est ce qui t'a poussé, alors que tu étais chanteur et compositeur, à créer Artsonor ?
Au départ certes le but était de produire un projet, Nord. Et puis très vite on a eu l'idée et l'envie de mettre à profit nos connections et notre expérience de la prod pour faire de la presta pour les labels et maison de disques.
Le studio est-il propice à un style de musique plus particulier ?
A priori, on pourrait penser que c'est un studio propice au rock, puisque c'est ce que nous savons faire en terme de productions originales.
Mais mon équipe a accueilli tous les styles de musique - rap, rock, electro, chanson etc – et des artistes aussi divers que variés de Sébastien Tellier à Lord Kossity, en passant par Apocalyptica ou Elodie Frégé ! Les possibilités acoustiques et techniques permettent de travailler sur des projets très éclectiques.
Qu'est ce qui fait la particularité d'Artsonor à ton avis ?
D'une part son ergonomie et sa géographie, puisque ce sont des caves voûtées du XVIè siècle en plein cœur de Paris.
D'autre part, je dirais une façon de faire, d'envisager les projets, une convivialité.
L'endroit a été fait par des musiciens, nous avons donc un backline et une banque de son très importants, une certaine souplesse au niveau des horaires. Et Artsonor c'est avant tout un lieu où se croisent énormément d'artistes et où des projets, des collaborations naissent... qu'il s'agisse de pré-production de haute qualité ou de production def.
La place d'un studio de ce type dans le paysage musical actuel ?
En terme de prix tout simplement, ça matche parfaitement avec le marché du disque.
Aujourd'hui la majorité des productions ont un budget bien moins important qu'avant, et même un budget « moyen » permet de faire de très grosses prods dans un studio comme Artsonor, sans nuire à la qualité. Dans 90% des cas, on s'aperçoit qu'il n'est pas forcément nécessaire de passer par un très gros studio d'enregistrement...
En clair, il y a une économie de coût mais pas un son au rabais ! Le luxe se situe ailleurs : en temps, en souplesse, en disponibilité et matériel « broadcast »... Il y a ici comme une âme sonore qui s'est forgée au fil du temps, une ambiance qu'on ressent. C'est très subtile mais c'est un peu comme si on plantait le décor pour que les gens soient à l'aise pour créer.
D'aucuns s'étonnent que tu sois autant entouré d'Anglais ... comment ça se fait ?
Les hasards de la vie et des rencontres sans doute...
La personne qui m'a donné goût à ce métier c'est Steve (Prestage). J'ai fréquenté Clive Martin, des musiciens anglais...jusqu'à travailler avec Craig (Walker) et Stephen (manager de Superbus, Holden..). On fonctionne d'ailleurs un peu à l'anglaise, je veux dire par-là simplicité de l'accueil, rigueur technique, liberté..
Quel est ton regard sur l'avenir de la production musicale ?
Vu les difficultés actuelles que connaît le marché du disque, l'avenir se prépare, je pense, avec des lieux et des organisations plus humaines, qui vont dans le sens d'une modernité où les artistes se prennent en main. Les labels ont compris qu'il valait peut-être mieux avoir à faire à des artistes plus autonomes, et se rapprocher d'un fonctionnement plus indé, qui permet l'émergence de nouveaux styles.
C'est juste une autre manière d'aborder la musique... Les Majors savent qu'elles doivent aujourd'hui se frotter à un autre savoir faire. Ainsi, l'autoproduction et la prod major se côtoient à Artsonor, il n'y a plus de cloisonnement, mais plutôt une interaction entre deux systèmes, où chacun apprend l'un de l'autre, notamment par le biais des éditeurs qui font le lien. Universal Music Publishing, avec qui nous travaillons à l'année, en est la preuve vivante.
Parmi tous les albums enregistrés à Artsonor, quels sont ceux dont tu es le plus fier ?
Rocca qui s'est senti comme à la maison. Sébastien Tellier, qui avait un côté très artisanal dans sa manière de créer.. Pow Wow, Thomas Dutronc. Aqmé qui a enregistré et tourné ici le dvd de « la fin des temps » . Manu Lanvin pour son deuxième et troisième album.
J'ai aussi eu quelques coups de cœur pour des projets plus indé comme Time Factory qui sont restés longtemps, Fred Pierz, ou dernièrement Carlos Pop.
Quels projets pour Artsonor ?
Le département video, avec le réalisateur Alex Villeret. On s'est mis à la prod de clips et de courts métrage, parce que désormais le son n'ira pas sans l'image. Notre prochain service, sera de permettre à tout artiste, pour une somme assez modique, de partir avec une captation de son passage. Le côté communautaire et interactif, ça a toujours été mon état d'esprit, et c'est très bien relayé à l'heure actuelle par myspace et youtube, c'est inévitable !
Comment va Nord ?
Très bien, merci. Le dernier titre, « into the void », en duo avec Craig Walker, tourne actuellement en radio....et le clip arrive.
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ARTSONOR
Le studio fait par des artistes pour des artistes
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